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  • 💵 ➡️ 16 000 entreprises à vendre. 5 000 acheteurs manquants.

💵 ➡️ 16 000 entreprises à vendre. 5 000 acheteurs manquants.

Première fois dans l'histoire du Québec.

Bon dimanche,

J'espère que tu passes un bon week-end. Cette semaine, j'ai des données fraîches qui viennent de sortir. Pis ce qu'elles disent, c'est que le marché de l'acquisition d'entreprise au Québec vient de basculer en ta faveur.

Le 25 mars dernier, l'Observatoire de Repreneuriat Québec a publié son bilan du premier trimestre 2026. Quand j'ai lu les chiffres, j'ai dû les relire deux fois. Parce que ce qu'ils montrent, c'est un renversement historique. Un changement que le Québec a jamais vu avant. Pis si tu penses acheter une entreprise un jour, ce qui vient est probablement la meilleure nouvelle que t'as reçue cette année.

16 000 entreprises veulent vendre. Pis personne est là pour les acheter.

Voici les 3 chiffres que tu dois retenir.

Premier chiffre : 16 000 entreprises privées québécoises ont déclaré avoir l'intention de vendre ou de transférer leur entreprise dans les 12 prochains mois. Seize mille. C'est le 3e plus important volume d'intentions de transfert dans l'histoire du Québec. Le taux a bondi de 3,6 points de pourcentage en un seul trimestre pour atteindre 7,8 % de toutes les entreprises privées au Québec.

Deuxième chiffre : il y a un déficit de 4 875 acquéreurs. Ça veut dire qu'il y a presque 5 000 entreprises de plus qui veulent vendre que de gens qui cherchent à acheter. C'est la première fois dans l'histoire du Québec qu'on enregistre un déficit d'acquéreurs. La première fois.

Troisième chiffre : 5 000 entreprises québécoises déclarent avoir l'intention de fermer dans les 12 prochains mois. Pas vendre. Fermer. Parce qu'elles trouvent personne pour prendre la relève.

Le renversement que personne a vu venir

Pour comprendre à quel point ce qui se passe est exceptionnel, il faut regarder ce qui s'est passé juste avant.

Au quatrième trimestre de 2025, il y avait un surplus de 5 150 acquéreurs au Québec. Ça veut dire que le marché penchait en faveur du vendeur. Les propriétaires qui voulaient vendre avaient le choix. Ils pouvaient sélectionner leur acheteur, négocier des prix fermes, pis dicter les termes.

Trois mois plus tard, au premier trimestre de 2026, le surplus de 5 150 est devenu un déficit de 4 875. Un renversement de plus de 10 000 en un seul trimestre. C'est massif. C'est sans précédent. Pis ça change complètement la dynamique du marché.

Ce que ça veut dire concrètement si tu veux acheter

OK, les chiffres c'est beau, mais qu'est-ce que ça change dans la vraie vie? Si tu es un professionnel québécois qui pense à acheter une entreprise, voici ce qui vient de changer pour toi.

Les prix sont plus négociables. Quand il y a plus de vendeurs que d'acheteurs, les vendeurs sont forcés de s'adapter. Un propriétaire qui aurait demandé 4x le BAIIA l'an passé commence à accepter 3x. Pourquoi? Parce qu'il a pas 5 acheteurs qui font la file. Des fois, il en a même pas un.

Le financement vendeur est plus facile à obtenir. Quand un vendeur sait qu'il y a un déficit d'acquéreurs, il devient beaucoup plus flexible sur les termes. Au lieu de demander 100 % du prix au closing, il accepte de financer 15, 20, même 25 % du prix sur 3 à 5 ans. Parce que l'alternative, c'est de pas vendre du tout. Ou pire, de fermer.

T'as moins de compétition. Le rapport le dit clairement : il manque presque 5 000 acquéreurs. Ça veut dire que si tu te présentes avec un plan solide, de l'expérience en gestion, pis un montage financier crédible, tu es dans une position de force. T'es pas un parmi vingt. T'es peut-être le seul.

Les vendeurs sont plus ouverts à la discussion. Un propriétaire de 62 ans qui veut prendre sa retraite pis qui voit que personne cogne à sa porte, il est prêt à jaser. Il est prêt à considérer un accompagnement de transition. Il est prêt à être flexible sur le prix, sur les termes, sur le timing.

Les secteurs où c'est le plus prononcé

Le déficit d'acquéreurs est pas uniforme. Certains secteurs sont beaucoup plus touchés que d'autres. Pis c'est là que les opportunités sont les plus grandes.

L'immobilier et la location, c'est le secteur avec le plus haut taux d'intentions de transfert (20,2 %) pis le plus grand déficit d'acquéreurs (-19,9 %). Presque une entreprise sur cinq dans ce secteur veut vendre, pis il y a pratiquement personne pour acheter. C'est le secteur le plus déséquilibré au Québec en ce moment.

Les finances et assurances suivent avec un déficit de -14,1 %. Les cabinets de courtage, les firmes d'assurance, les cabinets de planification financière. Des entreprises avec des revenus récurrents, des clients fidèles depuis 15-20 ans, pis des marges solides. Pis personne se bat pour les acheter.

Le transport et l'entreposage affiche un déficit de -9,1 %. Des entreprises avec des contrats, des flottes, des chauffeurs qualifiés. Les barrières à l'entrée sont hautes, ce qui veut dire qu'une fois que t'es dedans, t'es protégé.

L'hébergement et la restauration représentent 17,9 % des intentions de transfert, avec un déficit de -7,2 %. Pis la construction est le secteur qui accélère le plus vite, avec une hausse de 5 points par rapport au trimestre précédent.

Pourquoi ça arrive maintenant

La question évidente, c'est : pourquoi? Pourquoi le marché a basculé aussi vite?

Trois facteurs se combinent en même temps.

Le premier, c'est le vieillissement des propriétaires. L'âge moyen des propriétaires d'entreprise au Québec est au-dessus de 55 ans. Les baby boomers qui ont bâti la majorité des PME québécoises arrivent à la retraite. Pas dans 10 ans. Maintenant. Les entreprises de 20 ans et plus ont un taux d'intentions de transfert de 13,3 %, selon l'Observatoire. Plus qu'une sur huit.

Le deuxième, c'est l'absence de planification. 61 % des propriétaires de PME au Canada n'ont aucun plan de relève. Pas de successeur identifié, pas de structure de transition, pas de prix établi. Quand le propriétaire décide enfin qu'il est temps de partir, il réalise qu'il a rien préparé. Pis souvent, c'est trop tard pour bien structurer la vente.

Le troisième, c'est le recul des acheteurs institutionnels. Les taux d'intérêt élevés ont refroidi les firmes de private equity pis les fonds d'investissement. Le crédit est plus cher, les rendements cibles sont plus difficiles à atteindre, fait que les institutionnels sont assis sur leurs mains. C'est exactement la fenêtre où l'acheteur individuel a un avantage.

Les 5 000 fermetures : la partie la plus triste du rapport

Le chiffre qui m'a le plus frappé dans le rapport, c'est pas les 16 000 qui veulent vendre. C'est les 5 000 qui veulent fermer.

5 000 entreprises québécoises ont déclaré leur intention de fermer dans les 12 prochains mois. Les intentions de fermeture atteignent 2,5 % des entreprises privées, une hausse de 0,7 point par rapport au trimestre précédent.

Ces entreprises-là ont des clients. Elles ont des revenus. Elles ont des employés qui comptent sur elles. Elles ont des équipements, des contrats, du cash flow. Pis elles vont mettre la clé dans la porte parce que le propriétaire est fatigué pis que personne lui a dit qu'il pouvait vendre au lieu de fermer.

C'est 5 000 familles d'employés qui vont perdre leur job. C'est des dizaines de millions de dollars en valeur économique qui vont disparaître du Québec. Pis c'est des deals que quelqu'un comme toi pourrait saisir si tu savais où regarder.

Cette fenêtre va se refermer

Le déficit d'acquéreurs, c'est une anomalie. C'est pas l'état normal du marché. Et comme toute anomalie, elle va finir par se corriger.

Les taux d'intérêt vont éventuellement baisser. Les acheteurs institutionnels vont revenir. Le monde va se réveiller et réaliser que le marché est en faveur de l'acheteur. Pis quand ça va arriver, les prix vont remonter, la compétition va revenir, pis la fenêtre va se refermer.

En ce moment, au premier trimestre de 2026, les conditions sont réunies d'une manière qu'on a jamais vue au Québec. Plus de vendeurs motivés, moins d'acheteurs, des prix négociables, du financement vendeur accessible, pis 16 000 entreprises qui cherchent quelqu'un pour prendre la relève.

La question c'est pas "est-ce que c'est le bon moment pour acheter." La question c'est "est-ce que tu vas être prêt quand le marché va se rééquilibrer?"

Maintenant tu le sais.

On se reparle la semaine prochaine.

– Hubert Côté Fondateur, Libe Capital

Ce contenu est publié à titre éducatif et informatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil financier, juridique, fiscal ou professionnel. Libe Capital n'est pas un cabinet de courtage, un conseiller en valeurs mobilières ni un cabinet de planification financière au sens de la Loi sur les valeurs mobilières du Québec. Toute décision d'investissement ou d'acquisition devrait être prise après consultation avec des professionnels qualifiés (comptable, avocat, fiscaliste, évaluateur d'entreprise agréé). Les informations présentées peuvent changer et ne doivent pas être considérées comme des recommandations personnalisées. Libe Capital, ses dirigeants et ses employés déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base de ce contenu.

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