- Libe Capital
- Posts
- 💵 🏪 Il a ouvert 100 magasins. Aucun ne lui appartenait.
💵 🏪 Il a ouvert 100 magasins. Aucun ne lui appartenait.
Ce qu'Alain Bouchard a compris à 36 ans, et que personne ne raconte.
Bon dimanche,
J'espère que ton week-end est tranquille. Cette semaine, je voulais te raconter une histoire que presque tout le monde connaît par le résultat, mais que presque personne connaît par le début.
Tu es probablement rentré dans un de ses magasins cette semaine. Il y en a 17 300 dans 29 pays. Le siège social est encore à Laval.
Mais avant tout ça, il y a un gars de Chicoutimi qui a ouvert 100 dépanneurs pour quelqu'un d'autre.
L'histoire d'Alain Bouchard, c'est une histoire d'acquisition.
Le chiffre que personne mentionne
Perrette possédait 184 dépanneurs au Québec.
Alain Bouchard en a ouvert 100.
Aucun ne lui appartenait.
Lis-le une deuxième fois, parce que c'est là que toute l'histoire se joue. Il a bâti plus de la moitié d'une chaîne, il connaissait chaque emplacement, chaque bail, chaque employé, pis il n'en possédait pas une action.

La faillite qui a tout parti
Alain Bouchard naît en février 1949 à Chicoutimi. Il a une dizaine d'années quand l'entreprise de son père fait faillite. La famille passe de l'aisance à la pauvreté en quelques mois.
Il regarde ses parents perdre ce qu'ils avaient mis vingt ans à bâtir.
Deux idées se forment ce jour-là. Avoir un jour sa propre entreprise. Pis ne jamais revivre ça.
Il va attendre vingt-six ans avant que ça se réalise.
Il commence sans salaire
Son premier travail, c'est commis dans le dépanneur Perrette de son frère. Bénévolement. Il n'a même pas fini son secondaire.
Sauf qu'il découvre qu'il aime ça. Lire ce que le monde vient chercher. Placer la marchandise pour que ça se vende. Arranger le magasin pour que ça roule.
Le superviseur le remarque. À dix-neuf ans, il devient gérant intérimaire. Puis gérant. Puis superviseur. Puis directeur de district.
C'est pendant ces années-là qu'il ouvre ses 100 magasins.
Il propose des changements à la direction. Les heures d'ouverture, le concept, la façon de servir le monde. Ils l'écoutent pas.
En 1973, il part chez le compétiteur, Provi-Soir. En 1976, il dirige leur réseau de franchises au complet.
Même métier, même expertise, même résultat. Il fait rouler la business de quelqu'un d'autre.
Ce qu'il fait le soir
Pendant qu'il gère le réseau, il s'inscrit à HEC Montréal en formation continue. Il apprend l'anglais. Trois ans de front, après ses journées de travail.
Pis il économise chaque dollar.
Avec ce qu'il met de côté, il achète deux franchises Provi-Soir. Pour la première fois, passé trente ans, il possède quelque chose.
En 1980, il ouvre son premier magasin à lui, à Laval. Un seul.
Pendant cinq ans, il grandit tranquillement. Les banquiers voient un p'tit gars de dépanneur. Les taux d'intérêt étouffent tout le monde. Rien de spectaculaire.
1985 : le coup qui change tout
Il achète onze dépanneurs dans la région de Québec.
Ces magasins-là portaient déjà une bannière : Couche-Tard.
Il fusionne ses magasins de Montréal avec, pis il garde le nom des autres pour tout le groupe.
Il n'a même pas inventé le nom de son empire. Il l'a acheté.

C'est le moment où il arrête de bâtir pour commencer à acheter. Pendant cinq ans, un magasin à la fois. En une transaction, onze d'un coup, avec les employés formés, les clients fidèles, la bannière connue, pis les revenus qui rentrent le lendemain matin.
C'est exactement le principe qu'on travaille chez Libe Capital. Au lieu de partir avec une idée et de l'espoir, tu achètes un cash flow qui existe déjà.
Ce que tu achètes vraiment
Quand tu reprends une entreprise qui roule depuis vingt ans, tu n'achètes pas des chiffres dans un bilan.

Tu achètes vingt ans d'essais et d'erreurs que quelqu'un d'autre a payés. Les mauvaises embauches, les fournisseurs qui ont mal livré, les produits qui se sont pas vendus, les systèmes qui ont planté.
Tout ça est réglé avant que tu arrives. C'est ça, la vraie valeur.
« Ça prend un million » : le mythe qui arrête tout le monde
C'est la phrase que j'entends le plus souvent, pis elle est fausse.
Une acquisition se monte comme l'achat d'un immeuble. Tu fournis une mise de fonds, le reste se finance, pis c'est l'entreprise qui rembourse avec ses propres profits.

La mise de fonds vient rarement d'un compte de banque. Elle vient d'un REER, de la valeur nette d'une propriété, d'un immeuble locatif, d'une participation dans une société.
C'est exactement ce que Bouchard a fait. Il n'a rien hérité. Ses économies ont payé ses deux premières franchises, pis le cash flow de ses magasins a financé les suivants.
Le détail que personne raconte
En 2003, avant d'acquérir la chaîne américaine Circle K, son équipe a visité 460 magasins.
Quatre cent soixante.
Pas pour s'impressionner. Pour comprendre exactement ce qui marchait, ce qui était brisé, pis ce que ça coûterait à réparer.
C'est ça, acheter intelligemment. C'est pas un coup de tête, c'est pas un coup de chance. C'est de la vérification méthodique avant de signer.
Ce que tu paies vraiment dans une acquisition, c'est l'information que tu as avant de mettre ton nom au bas du contrat.
Le pattern, en quatre temps

Il n'a pas inventé le dépanneur. Il n'a pas inventé le nom Couche-Tard. Il a travaillé dans une industrie, il l'a comprise par en dedans pendant dix-sept ans, pis il a acheté ce qui existait déjà.
Encore. Pis encore.
C'est la même mécanique que Jean Coutu avec ses pharmacies. La même que les acquéreurs qui consolident des garages, des cliniques ou des firmes comptables au Québec en ce moment.
Ce que ça veut dire pour toi
Ta valeur est dans ce que tu connais, pas dans ton titre. Bouchard savait faire rouler un dépanneur mieux que ses patrons. Cette connaissance-là valait plus que son salaire, mais elle lui rapportait rien tant qu'il possédait pas.
Le capital de départ vient rarement de la banque. REER, valeur nette d'une propriété, immeuble locatif. La vraie question, c'est pas combien t'as en liquide. C'est combien tu peux mobiliser.
Acheter va toujours plus vite que bâtir. Cinq ans pour un magasin. Une transaction pour onze. Le calcul se fait tout seul.
La vérification vaut plus que l'enthousiasme. 460 magasins visités avant de signer. Une entreprise rentable qui dépend entièrement de son propriétaire actuel vaut pas mal moins qu'elle en a l'air.
Personne est à l'abri. Bouchard a eu des acquisitions difficiles lui aussi. Ce qui fait la différence, c'est la préparation avant, pas la chance après.
Pourquoi je te raconte ça aujourd'hui

En ce moment au Québec, il y a des milliers de personnes exactement dans la position d'Alain Bouchard en 1976.
Ils font rouler une entreprise. Ils connaissent les clients par leur prénom. Ils savent ce qui marche pas mieux que le propriétaire lui-même.
Le proprio approche 65 ans, ses enfants ont choisi d'autres métiers, pis y'a personne derrière lui.
Et ces gens-là ont jamais pensé, une seule fois, qu'ils pourraient la reprendre.
Bouchard a commencé avec deux franchises payées avec ses économies. La taille du premier deal, c'est pas ce qui compte. C'est ce que tu fais après.
Si tu veux savoir quelle taille d'entreprise tu pourrais acheter avec ta situation actuelle, la calculatrice te donne une réponse en deux minutes.
On se reparle la semaine prochaine.
– Hubert Côté
Fondateur, Libe Capital
Ce contenu est publié à titre éducatif et informatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil financier, juridique, fiscal ou professionnel. Libe Capital n'est pas un cabinet de courtage, un conseiller en valeurs mobilières ni un cabinet de planification financière au sens de la Loi sur les valeurs mobilières du Québec. Toute décision d'investissement ou d'acquisition devrait être prise après consultation avec des professionnels qualifiés (comptable, avocat, fiscaliste, évaluateur d'entreprise agréé). Les informations présentées peuvent changer et ne doivent pas être considérées comme des recommandations personnalisées. Libe Capital, ses dirigeants et ses employés déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base de ce contenu.
Reply