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- 💵 📺 J'étais invité à l'émission McSween
💵 📺 J'étais invité à l'émission McSween
L'émission a posé une question. À Québec, un de nos clients y répond depuis 1979.
Hey, salut tout le monde. Bon dimanche.
J’ai une nouvelle à t’annoncer, puis une coïncidence à te raconter. C’est la coïncidence qui est la plus intéressante des deux.
La nouvelle d’abord. Le 7 octobre dernier, j’étais invité à l’émission McSween, à Télé-Québec. L’épisode s’appelle « Reprendre pour mieux réussir ». J’y parle de repreneuriat avec Pierre-Yves McSween : pourquoi quelqu’un achète une entreprise au lieu d’en partir une, comment ça se structure, et ce qui se passe le lendemain matin.
Ça fait des années que j’en parle à du monde pour qui le mot ne voulait rien dire. En parler un mercredi soir à Télé-Québec, c’est une drôle de sensation. L’épisode est en ligne, gratuit, et je te mets le lien à la fin.
Mais ce n’est pas pour ça que je t’écris.
La coïncidence
Dans le même épisode, il y a un segment qu’on appelle une McMission. L’équipe part avec une question et va la tester sur le terrain.
La question, cette fois-là : est-ce qu’on peut faire de l’argent en revalorisant des meubles ?
Bonne question. Vraie business. On part de zéro et on regarde si ça lève.
Pendant que j’écoutais ça, j’ai pensé à un atelier de Québec, dans le parc industriel de Beauport. Il s’appelle Le Décapeur A.C. Il décape, sable et revernit meubles et armoires de cuisine.
Il le fait depuis 1979.
Et à la fin de 2024, il a changé de mains. Éric-Olivier Boivin l’a repris à 24 ans. Le Soleil en a parlé. C’est un de nos clients.
Deux réponses à la même question. Une dans l’épisode : on part de zéro et on teste. L’autre dans un atelier de Beauport : l’entreprise avait déjà 45 ans de preuves quand elle a changé de mains.
Pour être clair, Le Décapeur A.C. n’est pas dans l’émission. C’est juste que la question posée à la télé ce soir-là, quelqu’un y répond pour vrai depuis 1979.
Ce qui change vraiment le lendemain matin
Quand on m’entend parler de rachat d’entreprise, il y a du monde qui pense que je vends du raccourci. Que c’est « acheter au lieu de travailler ».
Ce n’est pas ça. Reprendre une entreprise, c’est du travail. Beaucoup. Mais ce n’est pas le même travail, et surtout, ce n’est pas le même pari.
Partir de zéro | Reprendre | |
|---|---|---|
Les revenus | À bâtir | Déjà présents |
Les clients | À trouver | Déjà là, à garder |
L’équipe | À recruter | Déjà en place |
Les procédés | À inventer | Déjà rodés |
Le salaire du proprio | À créer | Déjà dans les livres |
Quand tu pars de zéro, tu paries sur une question : est-ce que quelqu’un va vouloir payer pour ça ? C’est la question la plus chère qui existe, et tu peux y laisser des années avant d’avoir la réponse.
Quand tu reprends, la réponse est déjà là. Des clients paient déjà, cette semaine. Le pari change de nature : est-ce que je suis capable de faire grandir quelque chose qui fonctionne déjà ?
Le pari se déplace. Il porte moins sur l’existence du marché que sur ta capacité à prendre le relais. Ce n’est pas plus facile. C’est juste pas mal plus mesurable.
Ce que les données montrent
Repreneuriat Québec publie un taux de survie à cinq ans de 80 % pour les entreprises transférées, contre 57 % pour les entreprises nouvellement créées.
Entreprises transférées
80 % |
|
Entreprises nouvellement créées
57 % |
|
Taux de survie cinq ans après. Source : Repreneuriat Québec, Étude nationale du repreneuriat et des transferts d’entreprise (2025).
23 points d’écart. Je veux être clair sur ce que ça veut dire, et sur ce que ça ne veut pas dire.
Ça ne veut pas dire qu’une entreprise reprise ne peut pas fermer. Ça arrive. Une vérification diligente bâclée, un gros client qui part avec le vendeur, de l’équipement à bout de souffle que personne n’avait regardé. J’en ai vu.
Ça ne veut pas dire non plus que c’est le rachat qui crée la survie. Les entreprises qui se font transférer ont déjà passé un filtre : elles ont survécu assez longtemps pour valoir la peine d’être achetées. Une bonne partie de l’écart dit ça.
Ce que ça veut dire, c’est que tu pars avec une preuve. L’entreprise a déjà démontré qu’elle tient debout. Le reste dépend de ce que tu en fais, et de la rigueur que tu y mets avant de signer.
Ce n’est pas un phénomène de niche
Ce n’est pas une mode. C’est de la démographie. Une génération de propriétaires arrive au bout de son parcours en même temps.
12 600 | transferts d’entreprise attendus par année, de 2026 à 2028 |
38 000 | transferts au total, ou presque, sur ces trois ans |
16 000 | entreprises, environ, déclaraient vouloir se transférer d’ici douze mois, au début de 2026 |
60 % | et plus des entreprises québécoises n’ont aucun plan de relève |
Sources : Repreneuriat Québec, Étude nationale du repreneuriat et des transferts d’entreprise, 3e édition (août 2026) ; Bilan trimestriel des intentions 2026-T1, d’après l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises, Statistique Canada ; ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Plan PME 2025-2028.
Derrière ces chiffres, il y a du monde qui a bâti quelque chose pendant des années. Une partie cherche déjà un repreneur. Une autre partie n’a encore rien planifié du tout.
Ce que ça veut dire pour toi
Tu n’as pas besoin d’une idée. C’est le blocage numéro un que j’entends. « J’aimerais ça être en affaires, mais je n’ai pas d’idée. » L’idée existe déjà, elle roule, elle a des clients. Elle cherche quelqu’un.
Tu n’as pas besoin de connaître le métier par cœur. Ce qui compte, c’est la capacité à gérer et à apprendre vite. Et, presque toujours, une période d’accompagnement avec le vendeur.
Le prix de vente et la mise de fonds sont deux choses différentes. Chaque dossier a sa propre structure, et ça s’évalue avec des professionnels : comptable, fiscaliste, avocat, prêteur. Je ne promets aucun montage et aucun financement, ni ici, ni ailleurs.
Mais tu as besoin de vérifier. C’est là que les mauvaises histoires se jouent. Les états financiers mois par mois, la concentration de la clientèle, l’état réel des équipements, le bail. Toujours avant de signer.
Une question, puis je te laisse
Je suis curieux de quelque chose, et tu peux juste répondre à ce courriel. Ça m’arrive directement.
Si tu reprenais une entreprise demain matin, ce serait dans quel domaine ? Et qu’est-ce qui t’arrête en ce moment ?
Deux lignes suffisent. Je lis tout.
En attendant, va écouter l’épisode. Même si le repreneuriat ne t’intéresse pas pantoute, la McMission sur les meubles vaut le détour.
« Reprendre pour mieux réussir », McSween, saison 2, épisode 5.
21 minutes, gratuit, sans abonnement.
Bon dimanche,
Hubert Côté
Fondateur, Libe Capital
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