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- 💵 ➡️ Tu gagnes 150 K$/an. Voici exactement ce que tu peux acheter une entreprise.
💵 ➡️ Tu gagnes 150 K$/an. Voici exactement ce que tu peux acheter une entreprise.
Bon dimanche,
J'espère que tu passes un bon week-end. Cette semaine, je voulais répondre à la question qu'on reçoit souvent chez Libe Capital. C'est pas "quelle industrie acheter" ou "comment trouver une entreprise." C'est beaucoup plus simple que ça.
C'est : "J'ai-tu les moyens ?"
Neuf fois sur dix, la personne qui nous pose cette question-là gagne entre 100 000 $ et 200 000 $ par année. Elle a de l'épargne. Elle a un bon crédit. Elle a 15 ou 20 ans d'expérience en gestion. Et elle est convaincue qu'elle n'a pas assez d'argent pour acheter une entreprise.
La plupart du temps, elle a tort.
Le problème, c'est que personne ne lui a jamais montré comment le financement fonctionne réellement. Pas la théorie. Les vrais chiffres. Combien tu mets, combien la banque met, combien le vendeur met, et combien il te reste dans tes poches à la fin du mois.
C'est exactement ce qu'on va faire aujourd'hui. Je vais te montrer 3 scénarios concrets, basés sur 3 niveaux de mise de fonds, avec les vrais calculs derrière. À la fin, tu vas savoir exactement ce que tu peux te permettre d'acheter avec ce que tu as.
Le principe de base : tu n'achètes jamais seul
Avant de rentrer dans les chiffres, il faut comprendre une chose fondamentale. Quand tu achètes une entreprise, tu ne paies pas tout toi-même. Jamais. Personne ne fait ça.
Le deal typique au Québec se structure en 3 morceaux :
Ta mise de fonds — entre 10 et 25 % du prix. C'est ton capital à toi. Ton skin in the game.
Le prêt bancaire — entre 50 et 75 % du prix. Au Canada, le programme CSBFP (Programme de financement des petites entreprises du Canada) permet de financer jusqu'à 1 150 000 $. Le gouvernement fédéral garantit 85 % des pertes sur les prêts en défaut, ce qui encourage les banques à prêter. Le taux maximal est le taux hypothécaire résidentiel de la banque + 3 %.
Le financement vendeur — entre 10 et 25 % du prix. Le vendeur te prête une partie du montant, que tu rembourses sur 3 à 5 ans avec intérêt. C'est courant, c'est normal, et ça aligne les intérêts du vendeur avec ta réussite.
Quand tu comprends cette structure-là, la question change. Ça passe de "j'ai-tu 1 million ?" à "j'ai-tu 150 000 $ ?" Et pour beaucoup de professionnels québécois, la réponse c'est oui.

Scénario 1 — L'entrée de jeu : 100 000 $ de mise de fonds
Tu gagnes entre 80 000 $ et 120 000 $ par année. T'as accumulé environ 100 000 $ en épargne — REER, CELI, compte d'épargne, peut-être un peu d'équité dans ta maison.
Avec 100 000 $ de mise de fonds, voici ce que tu peux acheter :
Prix d'achat : 600 000 $
La structure du deal : — 100 000 $ de ta poche (17 %) — 400 000 $ de la banque via le CSBFP (67 %) — 100 000 $ de financement vendeur (17 %)
L'entreprise génère un BAIIA de 200 000 $ par année. Le multiple payé est de 3.0x, ce qui est standard pour une entreprise de services de cette taille.
Ton service de dette total : 6 577 $ par mois. C'est 4 644 $ pour la banque (7 % sur 10 ans) et 1 933 $ pour le vendeur (6 % sur 5 ans).
Ce qui te reste après avoir payé toute ta dette : 121 000 $ par année. C'est l'argent disponible pour te payer un salaire, réinvestir dans l'entreprise, et bâtir de l'équité.
Salaire réaliste du propriétaire : 80 000 $ à 100 000 $ par année.
Le genre d'entreprise que tu achètes à ce prix-là : un salon de coiffure qui roule bien, un dépanneur établi depuis 15 ans, un lave-auto, un petit atelier de fabrication. Des entreprises ordinaires qui font vivre des familles depuis des années.
Scénario 2 — Le sweet spot : 200 000 $ de mise de fonds
Tu gagnes entre 120 000 $ et 180 000 $ par année. T'es comptable, ingénieur, gestionnaire, professionnel en finance. T'as 200 000 $ de disponible entre ton épargne et tes liquidités.
Prix d'achat : 1 200 000 $
La structure : — 200 000 $ de ta poche (17 %) — 800 000 $ de la banque (67 %) — 200 000 $ de financement vendeur (17 %)
L'entreprise génère un BAIIA de 400 000 $. Multiple de 3.0x.
Service de dette : 13 156 $ par mois. C'est 9 289 $ pour la banque et 3 867 $ pour le vendeur.
Ce qui te reste : 242 000 $ par année.
Salaire propriétaire : 120 000 $ à 150 000 $ par année.

C'est ce qu'on appelle le sweet spot parce que tu achètes une entreprise assez grosse pour avoir un directeur des opérations, une équipe en place, et des systèmes qui fonctionnent sans que tu sois là 60 heures par semaine. Le genre d'entreprise : une firme comptable avec 8 employés, une entreprise de services industriels, un distributeur spécialisé.
C'est aussi le scénario le plus fréquent chez nos clients chez Libe Capital. Le professionnel qui gagne bien sa vie, qui a accumulé du capital, et qui veut passer de l'autre côté de la table.
Scénario 3 — Le gros deal : 500 000 $ de mise de fonds
Tu gagnes 180 000 $+ par année. T'es un cadre senior, un associé, un professionnel avec 20 ans d'expérience. T'as 500 000 $ ou plus en liquidités disponibles.
Prix d'achat : 2 500 000 $
La structure : — 500 000 $ de ta poche (20 %) — 1 500 000 $ de financement bancaire — 1 000 000 $ via le CSBFP et 500 000 $ via la BDC ou un prêt conventionnel (60 %) — 500 000 $ de financement vendeur (20 %)
L'entreprise génère un BAIIA de 750 000 $. Multiple de 3.3x.
Service de dette : 27 082 $ par mois. C'est 17 416 $ pour les banques et 9 666 $ pour le vendeur.
Ce qui te reste : 425 000 $ par année.
Salaire propriétaire : 150 000 $ à 200 000 $+ par année.
À ce prix-là, tu achètes une entreprise de transport avec une flotte, un manufacturier avec 30 employés, une entreprise de construction spécialisée. Des entreprises qui ont déjà une structure de gestion complète.

Les 4 choses que les gens comprennent mal
"Je dois tout payer cash." Non. Tu finances 75 à 85 % du prix. Ta mise de fonds, c'est 15 à 25 %. Le reste, c'est la banque et le vendeur.
"La banque va jamais me prêter." Le programme CSBFP existe exactement pour ça. Le gouvernement garantit 85 % des pertes. Les banques veulent faire ces prêts. Si t'as un bon crédit, de l'expérience en gestion, et que l'entreprise a un historique solide, t'as de très bonnes chances.
"Le financement vendeur, c'est louche." C'est le contraire. Quand le vendeur finance une partie du deal, ça veut dire qu'il croit en la pérennité de son entreprise. Si l'entreprise allait mal, il voudrait tout son argent le jour du closing. Le financement vendeur, c'est un signal positif.
"Avec la dette, il me restera rien." Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Dans le scénario à 200 000 $ de mise de fonds, il te reste 242 000 $ par année après avoir payé toute ta dette. C'est plus que ce que la majorité des professionnels gagnent en salaire, et en plus tu bâtis de l'équité dans un actif qui prend de la valeur.
Comment savoir où tu te situes
Prends 5 minutes et fais l'exercice. Combien t'as en épargne disponible — REER, CELI, comptes non enregistrés, équité accessible ? C'est ta mise de fonds potentielle. Multiplie ce chiffre par 5 ou 6 pour avoir une idée du prix d'achat que tu peux viser.
Si t'as 80 000 $, tu vises des entreprises entre 400 000 $ et 500 000 $. Si t'as 200 000 $, tu vises entre 1 000 000 $ et 1 200 000 $. Si t'as 400 000 $, tu vises au-dessus de 2 000 000 $.
C'est un calcul approximatif. Chaque deal est différent. Mais ça te donne un point de départ concret au lieu de rester dans le flou.
Au Québec en ce moment, il y a 16 000 entreprises qui veulent changer de propriétaire dans les 12 prochains mois. Des entreprises qui génèrent du cash flow, qui ont des employés, qui ont des clients fidèles. Et la majorité d'entre elles se vendent entre 500 000 $ et 2 000 000 $, ce qui les met directement dans la fourchette de ce que la plupart des professionnels peuvent se permettre.
La question c'est pas "as-tu les moyens ?" La question c'est "sais-tu comment structurer le deal ?"
Maintenant tu le sais.
On se reparle la semaine prochaine.
– Hubert Côté Fondateur, Libe Capital
Ce contenu est publié à titre éducatif et informatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil financier, juridique, fiscal ou professionnel. Libe Capital n'est pas un cabinet de courtage, un conseiller en valeurs mobilières ni un cabinet de planification financière au sens de la Loi sur les valeurs mobilières du Québec. Toute décision d'investissement ou d'acquisition devrait être prise après consultation avec des professionnels qualifiés (comptable, avocat, fiscaliste, évaluateur d'entreprise agréé). Les informations présentées peuvent changer et ne doivent pas être considérées comme des recommandations personnalisées. Libe Capital, ses dirigeants et ses employés déclinent toute responsabilité quant aux décisions prises sur la base de ce contenu.
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